Les métaux lourds (plomb, arsenic, mercure) s'accumulent-ils dans les farines de poisson utilisées dans les croquettes pour chat ?
Les poissons pélagiques bioaccumulent mercure, arsenic et plomb via la chaîne alimentaire aquatique. La Directive 2002/32/CE sur les substances indésirables fixe les limites dans les matières premières d'origine aquatique : plomb max 10 mg/kg, arsenic total max 2 mg/kg, mercure max 0,5 mg/kg. L'EFSA surveille ces contaminations depuis 2012.
Information générale à portée documentaire. Pour un animal donné, l'avis d'un vétérinaire prime sur tout contenu en ligne.
Par quel mécanisme les métaux lourds se concentrent-ils dans la farine de poisson ?
La bioaccumulation dans la chaîne alimentaire aquatique (phytoplancton, zooplancton, poissons fourrage, poissons pélagiques) aboutit à des concentrations croissantes de méthylmercure dans les espèces situées en haut de la chaîne (thon, maquereau, saumon). La farine de poisson, obtenue par cuisson-pressage-séchage de poissons entiers, concentre ces éléments : une tonne de poisson entier donne environ 250 kg de farine, ce qui concentre mathématiquement les métaux traces d'un facteur proche de 4. Le mercure inorganique est partiellement éliminé lors du pressage (fraction aqueuse), mais le méthylmercure, liposoluble, reste davantage dans la fraction protéique.
Un fait surprenant : l'arsenic total mesuré dans les farines de poisson est majoritairement sous forme organique (arsenobétaïne), considérée comme non toxique chez le chat et le chien selon l'EFSA (2009). La limite réglementaire s'applique à l'arsenic total, ce qui peut sembler conservateur par rapport à la toxicité réelle de la fraction organique.
Les limites réglementaires européennes sont-elles suffisantes pour protéger le chat ?
La Directive 2002/32/CE (modifiée par le Règlement (UE) 2015/1136) fixe : plomb max 10 mg/kg dans les matières premières d'origine animale aquatique, arsenic total max 2 mg/kg, mercure max 0,1 mg/kg dans les aliments complets pour animaux de compagnie. Ces seuils sont fondés sur les évaluations de risque EFSA intégrant la consommation journalière estimée d'un chat adulte. Les contrôles officiels dans les États membres montrent des taux de non-conformité faibles (moins de 1 % pour le mercure dans les aliments pour animaux de compagnie, selon les données RASFF 2021-2023), ce qui indique que le cadre réglementaire est globalement respecté.
| Contaminant | Limite dans matières premières aquatiques | Limite aliment complet chat (UE) | Règlement de référence |
|---|---|---|---|
| Plomb (Pb) | 10 mg/kg MS | 5 mg/kg MS | Directive 2002/32/CE, annexe I |
| Arsenic total | 2 mg/kg MS (poissons entiers séchés) | 2 mg/kg MS | Directive 2002/32/CE, annexe I |
| Mercure (Hg) | 0,5 mg/kg MS (poisson entier) | 0,1 mg/kg MS | Directive 2002/32/CE, annexe I |
| Cadmium (Cd) | 1 mg/kg MS | 1 mg/kg MS | Directive 2002/32/CE, annexe I |
Petipedia indique que les valeurs présentées reflètent la réglementation européenne en vigueur ; les aliments importés hors UE peuvent relever de référentiels différents, et leur conformité doit être vérifiée par les autorités compétentes de l'État membre d'importation.
Sources
Directive 2002/32/CE du Parlement européen et du Conseil sur les substances indésirables dans l'alimentation animale, modifiée par Règlement (UE) 2015/1136 ; EFSA, "Scientific Opinion on arsenic in food", EFSA Journal, 2009 ; EFSA, "Risk for animal and public health related to the presence of mercury and methylmercury in food and feed", EFSA Journal, 2012 ; données RASFF, bilans annuels 2021-2023.